titre;contenu;format;heading;word_count;eid;date de création;date de modification;uri interne
Le Web Sémantique des objets;"380 mots - 2 minutes de lecture

Nous collaborons avec Siemens sur un projet relatif au Web sémantique des objets (Semantic Web of Things ou SWoT en anglais).

## Semantic Web of Things

Le [Web des objets](https://www.w3.org/WoT/) (Web of Things, WoT), a pour objectif de standardiser l'utilisation des technologies du Web (HTTP, URI, etc.) pour contrer la fragmentation de l'Internet des objets.

Cette standardisation est menée par un groupe de travail du W3C.

Le Web des objets profite notamment de l'interopérabilité offerte par le Web sémantique via la réutilisation de ses standards de représentation de données (RDF, ontologies OWL/RDFS, etc.).

## WoT - Thing Description

La spécification [WoT-Thing Description](https://github.com/w3c/wot-thing-description) (WOT-TD) permet de décrire l'API de chaque objet connecté : quelles propriétés, actions, événements et interactions sont propres à l'objet.
Toutes ces informations sont exprimées à la fois dans un JSON normalisé et en RDF avec une ontologie dédiée.
Le document numérique décrivant l'objet est nommé *Thing Description* (TD).

## WoT - Thing Description Directory

Une fois que les TD sont créées, il faut les rendre accessibles et découvrables. La spécification [WoT-Discovery](https://www.w3.org/TR/wot-discovery/) décrit les différentes manières de publier et de centraliser les TD.
Un *Thing Description Directory*, décrit dans WoT-Discovery, est entrepôt de TD ayant une API en JSON, RDF et SPARQL.
Nous avons developpé un prototype de Thing Description Directory (SparTDD) en Flask et SPARQL, que nous avons [présenté à la conférence ESWC2022](https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03830765).

## Asset Administration Shell

*Asset Administration Shell* est une spécification issue du projet allemand [Platform Industry 4.0](https://www.plattform-i40.de/IP/Navigation/EN/Home/home.html), qui a pour but de numériser les données de l'industrie et de permettre la création de jumeaux numériques.

Un *Asset Administration Shell* (AAS) caractérise une ressource (*asset*) en donnant sa description, ses fonctionnalités, la documentation des objets électroniques, etc.

La spécification se veut très générique pour couvrir un maximum de cas d'usages ; c'est de fait une sorte de méta-modèle. Elle comprend un JSON-Schema et une ontologie OWL générée à partir de ce JSON-Schema.

Avec Siemens, nous avons étendu SparTDD pour qu'il puisse ingérer et servir des AAS en plus des TD. Nous avons également créé un module de traduction d'une TD vers un AAS pour, lors de l'import d'une TD créer son pendant en AAS. Les AAS obtenus de SparTDD peuvent ensuite être ingérés par les outils existants qui savent manipuler des AAS.";texte au format Markdown;Découvrez le web des objets et notamment les intéropérabilité offertes par le Web sémantique via l'utilisation de ses standards.;375;26106200;2023/03/24 10:41 UTC;2023/04/13 16:30 UTC;https://www.logilab.fr/26106200
France Archives et le Web Sémantique;"Chloë Fize (Service interministériel des Archives de France), Elodie
Thiéblin (Logilab)

# Présentation générale de FranceArchives

## Qu'est-ce que c'est les archives?

Selon le code du patrimoine, les archives sont *l'ensemble des
documents, y compris les données, quels que soient leur date, leur forme
et leur support matériel, **produits ou reçus** par toute personne
physique ou morale, et par tout organisme public ou privé, **dans
l'exercice de leur activité**. Ces documents sont soit conservés par
leurs créateurs ou leurs successeurs pour faire la preuve d'un droit ou
d'un événement, soit transmis à l'institution d'archives compétente en
raison de leur valeur
historique*...

![](https://www.logilab.fr/file/4716050/raw/upload_a1da9a1855a2eb87eaebea9d334ef3de.png)

Elementaire non ?

## Les archives sont plus simplement des documents, divers et variés !

![](https://www.logilab.fr/file/4715813/raw/upload_a3366da4a3ab0f51c109cb4802d708db.png)
![](https://www.logilab.fr/file/4716059/raw/upload_8126e2310bb48b17ec131e1912b79d80.PNG)
![](https://www.logilab.fr/file/4716074/raw/upload_3a6685c648e4d82887dd70e388a552a8.png)
![](https://www.logilab.fr/file/4716085/raw/upload_c2a6040027233f2cb3cb6c63e6251593.png)
![](https://www.logilab.fr/file/4716094/raw/upload_d3bc28b06c0bcba54665819967461166.png)

Dans notre imaginaire, en général, les archives ne sont que de vieux
papiers poussiéreux, rédigés dans des langues obscures et à première vue
indéchiffrables, jalousement cachés au fond de sombres et froids
placards... Et dans le pire des cas, elles sont cachées dans les
sous-sols ou les greniers... Un petit peu comme ça :

![Image libre de droit *Pixabay*](https://www.logilab.fr/file/4715846/raw/upload_e50c35a6e05e3829de386a38dff624d6.jpg)

Mais détrompez-vous, les documents d'archives sont partout et peuvent
être bien plus agréables à admirer que vous ne l'imaginez. En France,
plus de **4 000 kilomètres linéaires** d'archives sont conservés dans
plus de **500 services** d'archives nationales, régionales,
départementales et municipales sans compter les services d'archives
privés (entreprises, associations, etc). On regroupe les documents en
**fonds**.\
Voici des fonds, bien proprement rangés dans leurs cartons... C'est
quand même plus sympathique ?

![Photographie des grands dépôts des Archives nationales, site de Paris,
magasin du Trésor des Chartes (série J) ©Chloe FIZE, 2017](https://www.logilab.fr/file/4715882/raw/upload_769f7265317495be9646e1f5a74194af.JPG)

Mais comment s'y retrouver ? Comment savoir que LE document que je
recherche est bien dans cette boite nommée simplement par des lettres et
des chiffres ? Pour cela, il faut les décrire et ensuite les communiquer
à qui veut les consulter. Car la vocation première des archives, c'est
que tout le monde puisse en effet les consulter... **Oui, oui, y compris
vous !**

## Ressources en ligne des archives

Les archivistes ont toujours cherché à exploiter les technologies les
plus en pointe pour communiquer à tous les publics les documents qu'ils
conservent : microfilms, numérisation, site web... Et de fait, depuis
plus de **20 ans**, les services d'archives mettent à disposition de
tous des inventaires avec ou sans documents numérisés, consultables
directement en ligne sur plus de **300 sites internet**.

![Copie d'écran du site des archives départementales des Vosges, mars
2021.
](https://www.logilab.fr/file/4715901/raw/upload_c31fab384e283564cd97874131967e6d.png)

La raison? Que tout le monde puisse y avoir **accès** ! Eh oui, les
archives c'est comme la bonne humeur, ça se commmunique, et par tous les
moyens !
![:sunny:](https://cdn.jsdelivr.net/npm/@hackmd/emojify.js@2.1.0/dist/images/basic/sunny.png)

C'est là toute la vocation du **portail FranceArchives** :

-   Permettre aux chercheurs, étudiants, curieux, amateurs de généalogie
    ou qui que vous soyez, de repérer les ressources de nombreux
    services d'archives publics et privés pour, dans un second temps,
    les consulter sur les sites web ou dans les salles de lecture de ces
    services.

-   Valoriser les fonds et services d'archives des quatre coins de la
    France.

-   Mettre à disposition des ressources archivistiques professionnelles
    ou des textes de loi.

## Comment y accéder?

L'accès et la recherche sur le portail sont construits pour être les
plus intuitifs possible et pour mener le chercheur, amateur ou expert à
trouver son bonheur dans cette caverne aux merveilles... Suivez le guide
!

# FranceArchives


## FranceArchives : qu'est-ce que c'est ?

Le portail est porté par le Ministère de la Culture et a été mis en
ligne au mois de **mars 2017**. Il est géré et maintenu par le service
interministériel des archives de France (SIAF).

**FranceArchives en chiffres :**\
Au mois de **mars 2021**, la **105ème** convention d\'adhésion au
portail FranceArchives a été signée. Vous pouvez donc consulter les
fonds de 2 ministères, 4 services à compétences nationales (Archives
nationales, Archives nationales du monde du travail, Archives nationales
d\'Outre-Mer et la Médiathèque de l\'architecture et du patrimoine), 63
archives départementals, 19 archives municipales, 13 établissements
publics, 4 associations ou entreprises.

Plus de **57 000** instruments de recherche sont consultables et
réutilisables. Ils contiennent près de **13 000 000** de descriptions.

## FranceArchives : comment ça fonctionne ?

### Effectuer une requête simple

![](https://www.logilab.fr/file/4715908/raw/upload_0a0a33aa1d4a6c2be711286423d2c19f.png)

### Tout en s'aidant de l'autocomplétion

![](https://www.logilab.fr/file/4715915/raw/upload_f6b700b5ce603bdb7bbdc157b776108f.png)

### Et enfin affiner sa recherche grâce aux facettes

![](https://www.logilab.fr/file/4715924/raw/upload_eb059235d12f746072243157a1612889.png)

# Les archives et leurs métadonnées

Vous avez réussi à trouver votre bonheur ? Parfait ! Mais vous n'avez
pas trouvé de documents d'archives numérisés ? C'est normal, seulement
5% des archives conservées en France sont numérisées. Le reste est
accessible en ligne uniquement grâce aux descriptions ou métadonnées et
doit être consulté dans les salles de lecture des services qui les
conservent.

Le document d'archives numérisé est une photographie du document. Sur
FranceArchives, vous pourrez trouver certains documents numérisés, à
l'image du célèbre exemple qui suit :

![*Lettre cryptée échangée entre la reine Marie-Antoinette et le comte
Axel de Fersen,\
datée du 28 juin 1791 - AN440AP/1, dossier 1, pièce 6, page 1*.](https://www.logilab.fr/file/4715934/raw/upload_9a9ed8ef4981fbf137a08c8b154f5448.jpg)

Mais vous ne trouverez la plupart du temps que des métadonnées, à savoir
le contenu de la lettre, son auteur, son destinataire, sa date, des
remarques sur sa forme et/ou son fond. C'est là qu'est la différence
entre un document numérisé et une métadonnée numérique.

Vous voulez un exemple? Très bien, les métadonnées numériques c'est...
ça :

![](https://www.logilab.fr/file/4715962/raw/upload_cca0bcbde6781e3d50978745459ac7ef.png)

Avouez que ça vous fait rêver ! Eh bien cette belle lettre que vous avez
vu précédemment peut être transformée en données et donc ressembler à...
ces lignes en couleurs et comportant plein d'informations pouvant
paraitre incompréhensibles. N'ayez pas peur on va tout vous expliquer.


## Mais alors d'où viennent les métadonnées et à quoi ressemblent-elles?

Les services d'archives décrivent leurs fonds dans des *instruments de
recherche*. Ce sont ces instruments qui sont mis en ligne sur
FranceArchives et consultables par tout un chacun. Ils ne donnent pas
accès au document numérisé, comme nous l'évoquions plus haut, mais à sa
*description*. Ces éléments permettent de décrire avec précision les
documents que l'on va retrouver dans le fonds et donc de répondre à vos
multiples questionnements sans sortir le document de son joli carton de
protection. Quand vous consultez une notice sur le portail, il vous est
ensuite possible d'accèder directement au site web du service qui
conserve le document décrit grâce au bouton *Accéder au site*.

Alors où sont passées les données que nous avons vu plus haut ? Elles
sont là, partout, juste sous vos yeux. Vous les voyez ? Regardez...

### Voici ce que vous voyez lorsque vous requêtez FranceArchives:

![](https://www.logilab.fr/file/4715970/raw/upload_a4f5919e2f4332891fecb2bcbbb7dd99.png)

### Voici ce que nous traitons :

![](https://www.logilab.fr/file/4715977/raw/upload_a1fdf6b29b1ef79028c81cd9216f6c51.png)

Les métadonnées sont bien là. Cet intermédiaire invisible pour
l'utilisateur permet de mettre en forme de façon lisible les
informations.

Mais alors comment êtes-vous parvenu jusqu'à ce résultat ? Comment,
parmi les milliers de résultats, les seuls qui vous ont été proposés
ont-ils été choisis ?

Vous avez vu les nombreux liens cliquables en bleu et soulignés que vous
trouvez un peu partout... Ce souvent des noms de lieux, de personnes ou
des thèmes, eh bien tous ces termes sont des **autorités** qui sont
extraites des instruments de recherche pour être groupées avec leurs
semblables et alignées sur de plus gros portails de données tels que
Data.BnF ou Wikidata.

## Quelle en est l'utilité ?

L'identification de ces ressources permet de lever l'ambiguïté sur un
nom : être sûr qu'on parle bien de la même personne ; ou relier
plusieurs noms à une même ressource.

Prenons un exemple : ""**Paris**"" c'est à la fois le nom de la capitale
française, d'un genre de plante et d'une figure mythologique : 3
ressources différentes (donc 3 URI) portent le même nom. Paris a beau
être une ville fleurie et mythique, il est tout de même important de
pouvoir différencier tous ces éléments lors d'une requête.

Mais certains éléments peuvent présenter un cas inverse : l'autrice
Dominique Aury est également connue sous plusieurs pseudonymes très
différents les uns des autres : Anne Cécile Desclos et Pauline Réage.
Ici il y a donc une seule ressource (1 URI) qui porte ces 3 noms. Pour
que vous trouviez toujours le même résultat, ces 3 noms doivent être
tous rattachés à la même personne et ne pas figurer comme étant 3
éléments différents et distincts.

![](https://www.logilab.fr/file/4715984/raw/upload_65e895ac550be1012277f7a34ab226dc.png)

Cette différentiation ou ce regroupement est réalisé grace à l'URL (vous
savez les liens incompréhensibles écrits dans votre barre de
navigation...Eh bien en réalité ils ont un sens !)\
L'utilisation d'URL pour identifier les ressources est la base du Web
sémantique (ou Web de données).

--\> <https://www.wikidata.org/wiki/Q90> (Capitale de France)\
--\> <https://www.wikidata.org/wiki/Q162121> (Genre de Plante)\
--\> <https://www.wikidata.org/wiki/Q167646> (Figure mythologique)

3 ""liens"" différents, pour 3 thèmes complètement différents, mais qui
sont tous requêtables avec le même mot.

# Le Web sémantique

Le Web sémantique a été inventé par Tim Berners-Lee, le fondateur du
Web.
Son idée est d'utiliser les technologies du Web pour y faire transiter
non seulement des documents (pages Web, comme c'est le cas aujourd'hui)
mais aussi des données.

Comme dans le Web que nous connaissons tous, le protocole HTTP visible
dans l'URL (on vous avait dit que ça avait un sens!) est utilisé pour
faire voyager les données. Les ressources quant à elles sont identifiées
par des URL (*Uniform Resource Location*) appelées aussi URI pour mettre
l'accent sur le côté identification (*Uniform Resource Identifier*).

Alors, cela étant dit, qu'est-ce que cela implique concrètement ? Nous y
venons.

## Pourquoi ""sémantique"" ?

Le Web sémantique, aussi appelé Web de données, porte ce nom car il
permet aux machines de ""comprendre"" le contenu du Web (sémantique \<--\>
sens).

Dans le Web de documents, nous (les humains) voyons et comprenons les
informations suivantes :

en HTML

```html
<h1>Les berlingots Eysséric</h1>

<p>La fabrique Eysséric produit des berlingots dans le
<a href=""https://www.vaucluse.fr/"">Vaucluse</a>.
</p>
```

l'ordinateur, lui, comprend :

```html
<h1>??? ??????????</h1>

<p>?? ???????? ???????? ??????? ??? ?????????? ???? ??
<a href=""https://www.vaucluse.fr/"">????????</a>.
</p>
```

Nous aimerions qu'il puisse comprendre:

  Nom                 Produit      Localisation
  ------------------- ------------ --------------
  Fabrique Eysséric   berlingots   Vaucluse

Nous souhaiterions que l'ordinateur comprenne les relations entre les
éléments et la nature de ces éléments, comme nous en somme.

Pour cela, les données transmises doivent être structurées et
identifiées (nous l'avons vu plus haut, grâce aux URI).

## Données structurées

![](https://www.logilab.fr/file/4715989/raw/upload_e057d3ddc4d7fac78cd34173241f3da5.png)
Le W3C (*World Wide Web Consortium*) définit des standards pour le Web
(encore un morceau de votre barre de navigation décrypté !).

Pour représenter les données dans le Web sémantique, on utilise ces
standards et le *Resource Description Format* (RDF). Ce dernier consiste
à représenter les données sous forme de **triplets** utilisant des URI,
comme des phrases très simples : sujet - prédicat (verbe) - objet.

Les données structurées de notre exemple deviennent alors :

    https://monUrl.fr/FabriqueEysseric https://monUrl.fr/produit https://monUrl.fr/Berlingot.

    https://monUrl.fr/FabriqueEysseric https://monUrl.fr/localisation https://monUrl.fr/Vaucluse.

Et parce qu'on sait bien qu'un joli dessin vaut mille mots, on peut
aussi représenter les triplets bout à bout sous forme de graphe.

![](https://www.logilab.fr/file/4715997/raw/upload_3aac8487ce9785f6cad07e90e4ef31ed.png)

En récupérant les données relatives aux autres ressources du Web, on
peut étendre le graphe de données, tant qu'il y a des données.\
À l'instar du Web de documents où les documents sont interconnectés
grâce aux liens hypertexte, les ressources sont reliées les unes aux
autres dans le Web de données.

![](https://www.logilab.fr/file/4716006/raw/upload_ac80845ddc388889531ac6fb78c92a30.png)

# Pourquoi utiliser le Web sémantique dans FranceArchives ?

  Besoin FranceArchives                                  Réponse Web sémantique
  ------------------------------------------------------ ---------------------------------------
  Désambiguïser les autorités                            Utilisations d'URI comme identifiants
  Données accessibles                                    Protocole HTTP
  Référencement par moteurs généralistes                 Contribution au google graph
  Alignements référentiels nationaux                     Ontologies, alignements
  Enrichissement des données propres à FA                Geonames, data.bnf, wikidata
  Limiter la responsabilité de maintenance des données   Décentralisation

Parmi les besoins de FranceArchives, nous avons déjà vu que
l'utilisation d'URL comme identifiants (ce qui en fait des URI) répond
au problème de désambiguïsation des autorités.

De même, le protocole HTTP, base du Web, permet de rendre les données
disponibles sur le Web sans application tierce.

Maintenant que nous avons tous ces éléments, il ne reste plus qu'à
chercher !

## Référencement par les moteurs de recherche généralistes

Certains moteurs de recherche (dont le plus connu de tous) se mettent au
RDF !

Ils utilisent des données en RDF insérées dans le code d'une page Web
pour mieux comprendre de quel sujet elle traite.

Grâce à cette compréhension, ils peuvent afficher certains résultats
sous des formes personnalisées... Exemple !

Le moteur de recherche utilise les triplets RDF pour afficher les
recettes de pâte à crêpes sous forme de petites cartes :\
![](https://www.logilab.fr/file/4716017/raw/upload_4aa3b1170d2bd679a327c2917cc71698.png)

Ainsi, vous n'avez même pas besoin de chercher LA meilleure recette de
pâte à crêpes, votre ami le moteur de recherche l'a fait pour vous. Et
comme il sait que vous n'aimez pas perdre votre temps et que vous aimez
quand même bien quand il y a de jolies images qui vous mettent l'eau à
la bouche, il vous propose de ne pas utiliser la molette de votre souris
et de cliquer directement sur la carte que vous préférez.

## Alignement vers des référentiels

Il y a plusieurs avantages à lier les données que nous publions sur le
Web de données à des référentiels nationaux (ou internationaux).

### Ontologie de référence

Une ontologie (ou un vocabulaire) est un ensemble d'URI que l'on va
utiliser pour représenter les prédicats (ou flèches en version graphe)
du RDF. L'ontologie définit les types de ressources présentes dans les
données et les relations qui peuvent exister entre elles.

C'est un peu le schéma d'une base de données relationnelle ou la liste
des noms de colonnes d'un tableur.

Si on compare les données au langage, l'ontologie serait la grammaire
ainsi qu'une partie du vocabulaire.

Le fait d'utiliser des ontologies standards dans ces données RDF permet
de se ""brancher"" plus facilement avec d'autres graphes de données.

### Sources de données de référence

En liant ses données à d'autres bases de données sur le Web,
FranceArchives y trouve plusieurs avantages.

Tout d'abord, cela lui permet d'**enrichir ses propres données**.\
En effet, un document d'archives implique toujours des lieux et/ou des
personnes. On tente de normaliser les pratiques de nommage de ces
entités (dans quel sens on met quelle information) afin d'aider
davantage au liage des données : **Charles, de Gaulle (1890-1970)** ou
**de Gaulle, Charles** ou **Général de Gaulle (Charles, 1890-1970)**. De
même pour les noms de lieux : **Sumène**, **Sumène (Gard - 30)**,
**Sumène (Gard)**, etc.

Dans les notices, seuls figurent généralement le nom du lieu (avec son
département) et le nom de la personne. En liant les données de
FranceArchives à d'autres bases, on peut ainsi étendre le graphe de
données et enrichir les informations que nous avions au départ. Comme
nous l'avons vu, plus il y a de mentions permettant de désambiguiser un
terme (à placer au Scrabble), meilleure sera la qualité de la donnée et
donc plus performant sera le schéma RDF et au final les résultats de
recherche.

Ce schéma montre l'exemple de la notice [Sur la plage de
Saint-Vincent-sur-Jard...](https://francearchives.fr/fr/facomponent/e6c3ff90ff8dc0578c3fed6909b5e9968965913b)
dont la [description
RDF](https://francearchives.fr/fr/facomponent/e6c3ff90ff8dc0578c3fed6909b5e9968965913b/rdf.xml)
peut être obtenue en ajoutant à l'url le suffixe `/rdf.xml` ou
`/rdf.ttl`.

Cette notice parle notamment de Georges Clemenceau et de la commune de
Saint-Vincent-Sur-Jard. Initialement, il y avait peu d'informations sur
ces deux ressources. En liant Saint-Vincent-sur-Jard à [son pendant dans
Geonames](https://www.geonames.org/2976583/saint-vincent-sur-jard.html),
une base de données regroupant des lieux, nous avons pu enrichir les
données en récupérant notamment le code postal et la population. De la
même manière, en liant Georges Clemenceau à [son pendant dans
DataBnF](https://data.bnf.fr/fr/11897013/georges_clemenceau/), nous
avons pu enrichir les données en récupérant notamment sa date de
naissance et quelques éléments biographiques notables.

![](https://www.logilab.fr/file/4716024/raw/upload_d7d425e7f28ac146418e70bc47761bbc.png)

Le second avantage qu'apporte l'alignement (c'est-à-dire le fait de lier
sa base avec une autre) est de **limiter la maintenance des données** :
moins on les manipule, mieux elles se portent.

FranceArchives peut profiter d'informations libres et ouvertes sur les
personnes, les thèmes, les lieux pour valoriser ses données tout en se
concentrant sur la publication et la maintenance des données d'archives
uniquement.

## data.bnf

Le projet [data.bnf](https://data.bnf.fr/fr/about) a pour but de rendre
les données de la BnF **utiles et exploitables sur le web**. Elles
permettent notamment de rassembler des informations sur les ressources
conservées au sein de la BnF : **documents, ouvrages, auteurs, thèmes,
etc.** Les pages sont indexées par les moteurs de recherche : les
**données disponibles et requêtables sont souvent invisibles lors d'une
recherche classique** car [enfouies dans les données et
métadonnées]{.underline} des ressources BnF.

Sur FranceArchives, ces liens permettent d'ajouter des informations sur
un sujet donné.

## Wikidata

[Wikidata]() est une base **open source**, **gratuite**,
**collaborative** et qui, de la même manière que DataBnF, met à
disposition des [données compréhensibles aussi bien par les **humains
que par les machines**]{.underline}. Cette base de données aide
Wikipédia en facilitant la maintenance des fameuses boites
d'informations que nous consultons tous dès que nous cherchons des
informations sur la célébre encyclopédie.

De la même manière que la précédente, les renvois vers Wikidata ajoutent
une plus-value aux données consultables sur FranceArchives.

![](https://www.logilab.fr/file/4716039/raw/upload_6dc801b8f4e41c72276459a416931f1f.png)
height=""350""}

## Geonames

[Geonames](https://www.geonames.org/about.html) est une base de données
libres et ouvertes sur les données géographiques.

## DataCulture

[DataCulture](http://data.culture.fr/thesaurus/) : le Ministère de la
Culture publie un référentiels de sujets classés hiérarchiquement (en
thésaurus). Les thèmes de FranceArchives sont alignés sur les ressources
de DataCulture.

# Axes futurs d'amélioration 

FranceArchives utilise déjà des technologies du Web sémantique. Pour
aller plus loin, les chantiers suivants sont envisagés.

**Interrogation en SPARQL** : SPARQL (oui il faut le lire comme un mot
prononcé *SparKeul* et ne pas le jouer au scrabble celui-là sauf si on
joue en anglais, car ça fait un jeu de mot pétillant avec *to sparkle*)
est le langage d'interrogation du RDF. Rendre possible l'interrogation
des données produites dans ce langage permet aux utilisateurs et
utilisatrices de rechercher très précisément les informations voulues.

**Utilisation de l'ontologie
[RiC-O](https://www.ica.org/standards/RiC/ontology.html)** : cette
ontologie (Records in Contexts - Ontology) est développée et maintenue
par le Conseil International des Archives. Elle est en passe de devenir
un standard pour le monde archivistique. L'utiliser pour décrire les
données de FranceArchives permettra de se brancher plus facilement aux
données d'autres services d'archives qui en font aussi usage.

# *I have a dream...*

... *that one day* tout le monde pourra rechercher simplement et
trouvera du premier coup toutes les informations désirées !

Dans le monde numérique, ce qui est bien c'est qu'on peut rêver, et
rêver grand ! Alors que diriez-vous de pouvoir faire une requête telle
que : *Je cherche les archives concernant le village de naissance du
général de Gaulle et la période 1945-1962* et que le moteur de recherche
vous remonte directement les documents qui traitent exactement de ce
dont vous, humain, vous parlez ? Imaginez un monde où l'on pourrait
interroger les bases de données en langage naturel.

Nous pouvons conclure cet article rédigé à l'occasion des Journées du
Logiciel Libre 2021, sur le thème des *Utopies concrètes et accessibles*
par cette proposition d'amélioration : un accès unique à toutes les
données du web, requêtables en langage naturel et sans bruit
documentaire... Un *International Knowledge Portal* !";texte au format Markdown;FranceArchives est un portail du service interministériel des archives de France développé par Logilab. Il utilise des technologies du Web sémantique.;2954;4716152;2021/04/01 07:27 UTC;2021/10/07 14:32 UTC;https://www.logilab.fr/4716152
Résumé de la conférence ISWC 2020;"*Elodie Thiéblin, développeuse chez Logilab et spécialiste du Web sémantique*

Du 3 au 6 novembre, j'ai participé à la conférence [ISWC (International Semantic
Web Conference)](https://iswc2020.semanticweb.org/), qui est une
des références internationales dans le domaine du Web Sémantique. On y parle
des problématiques du web de données liées et de réprésentation des
connaissances. Je partage ici mes notes sur les sujets qui m'ont le plus marquée.

## Débriefing général de la conférence

Cette année, il y a eu de nombreux articles
consacrés à [SHACL (Shape Constraint Language)](https://www.w3.org/TR/shacl/).

L'idée de remettre l'utilisateur des données et technologies du Web sémantique
au centre des innovations à venir a été répétée à plusieurs reprises.

L'intervention de Miriam Fernandez sur la diversité des données était
enrichissante. Elle invite les producteurs de données à se poser la question du
biais de leurs données et de la représentation du monde qu'elles renferment.

> Des données biaisées peuvent provoquer de désastreux effets sociaux.

Elle cite notamment [cet
article](https://ajph.aphapublications.org/doi/abs/10.2105/AJPH.2011.300275)
qui présente les résultats d'une étude comparant les blessures des femmes et des
hommes avec une ceinture de sécurité lors d'accidents de la route entre 1998
et 2008. La différence de 47% entre les deux sexes serait imputable
aux mannequins de test de l'industrie automobile dimensionnés sur des hommes.

## Résumé de présentations

Deux papiers ont retenu mon attention pour faciliter l'utilisation des
technologies du Web sémantique par les développeuses et les développeurs Web.

### ON2TS: Typescript generation from OWL ontologies and SHACL

[ON2TS](https://github.com/jeswr/on2ts) est un prototype permettant de générer des classes et interfaces
TypeScript à partir d'ontologies OWL et de règles en SHACL.  Les développeurs
peuvent donc utiliser directement les classes et interfaces générées pour
valider la structure et la forme de leurs données lors de l'exécution.

Ce prototype utilise la bibliothèque `@ldflex/comunica`, le moteur de requêtes
pour langage LDflex, qui est décrit ci-dessous.

Pour plus de détails, lisez l'[article](http://ceur-ws.org/Vol-2721/paper590.pdf).

### LDflex: a Read/Write Linked Data Abstraction for Front-End Web Developers

[LDflex](https://github.com/LDflex/LDflex) est un langage dédié qui fait
apparaîtr les données liées du Web comme des structures de données en
JavaScript. La [vidéo de la présentation](https://www.youtube.com/watch?v=2BHV1p2QzNw)
est en ligne et il est possible d'expérimentation dans un
[bac à sable](https://solid.github.io/ldflex-playground/).

Selon Ruben Verborgh, une des grandes différences entre les applications Web et
le Web sémantique est la ""prédicabilité"" : la structure et l'emplacement des données
sont prédéfinis dans une application Web (souvent choisie par les développeurs
de ladite application), tandis que dans le cas du Web sémantique, les ontologies
sont hétérogènes et les données sont distribuées.

Le but de LDflex est de simplifier la gestion des différents formats
et modes d'interrogation des serveurs de Web de données liées: des données
en RDF peuvent être récupérées depuis le Web puis interrogées localement en SPARQL.

Avec LDflex il est possible de manipuler une structure de données locale, qui
est mise en correspondance avec les données RDF d'origine au moyen d'un contexte.
Par exemple, le contexte suivant permet d'écrire `user.friends` pour
récupérer les individus ayant un lien `foaf:knows` vers user.

```json
 ""@context"": {
    ""@vocab"": ""http://xmlns.com/foaf/0.1/"",
    ""friends"": ""knows"",
    ""label"": ""http://www.w3.org/2000/01/rdf-schema#label"",
  }
```

Si le modèle évolue, il peut suffire de modifier le contexte pour adapter
l'application, ce qui en simplifie la maintenance.

LDflex semble donc à première vue une bonne alternative à rdflib.js. Comme
cette dernière, elle dépend toutefois des bibliothèques d'authentification Solid
qui prennent une [taille non négligeable
(~500ko)](https://bundlephobia.com/result?p=@ldflex/comunica@3.4.2) dans le
bundle final.

La bibliothèque `ldflex` inclut le langage LDflex et doit être accompagnée de
`@ldflex/comunica`, son moteur de requêtes sur le Web.

Un rapide test sur logilab.fr (avec l'extension CORS Everywhere
activée) a suffit à montrer qu'on peut utiliser [LDflex pour interroger les
instances de Cubicweb en version 3.28](https://solid.github.io/ldflex-playground/#%5B'https%3A%2F%2Fwww.logilab.fr%2F2474699'%5D.type)

Autres tests et remarques :
- Test sur http://dbpedia.org/resource/Paris
    &rarr; *Mixed Blocked* depuis le bac à sable en HTTPS
- Test sur https://aims.fao.org/aos/agrovoc/c_30969
     &rarr; *301 Moved Temporarily* mais pas de requête sur l'URL cible (en HTTP)
- Test sur https://www.wikidata.org/entity/Q535
    &rarr; redirection à travers les différentes URL pour obtenir le RDF est gérée et fonctionne
    &rarr; requêtage en SPARQL ne fonctionne pas car l'entité est décrite en HTTP et non HTTPS dans le RDF

Il sera intéressant de suivre l'évolution de ce projet pour répondre aux
questions suivantes:

- Comment gérer plusieurs contextes simultanément (récupérer `foaf:name` et
  `schema:name` à la fois par exemple) ?
- Comment contourner le problème des requêtes *Mixed Blocked* en gardant les
  données distribuées sur le Web ?

## Conclusion

Cette expérience a été très enrichissante, comme chaque année. Je suis contente
qu'il y ait de plus en plus d'initiatives pour rendre le Web sémantique agréable
et accessible aux développeuses et aux développeurs Web. Cela va peut-être encourager
la valorisation des entrepôts de données liées dans des applications en production.

Un des sujets resté sans réponse est la gestion des configurations des serveurs
sur le Web de données liées pour notamment la gestion des erreurs
[CORS](https://developer.mozilla.org/fr/docs/Web/HTTP/CORS), [Mixed
Blocked](https://developer.mozilla.org/en-US/docs/Web/Security/Mixed_content),
etc.

Rendez-vous l'année prochaine pour vérifier ces hypothèses.";texte au format Markdown;"*Elodie Thiéblin, développeuse chez Logilab et spécialiste du Web sémantique*

Du 3 au 6 novembre, j'ai participé à la conférence [ISWC (International Semantic
Web Conference)](https://iswc2020.semanticweb.org/), qui est une
des références internationales dans le domaine du Web Sémanti...";798;3873776;2021/01/20 00:02 UTC;2021/01/20 00:04 UTC;https://www.logilab.fr/3873776
Négociation de contenu dans CubicWeb;"[CubicWeb](https://cubicweb.readthedocs.io) est un cadriciel libre de gestion de
données sur le Web développé et maintenu par [Logilab](https://logilab.fr)
depuis 15 ans. Il est utilisé depuis 2010 dans des applications d'envergure
telles que [DataBnF](https://data.bnf.fr) ou
[FranceArchives](https://francearchives.fr/). Basé sur les principes du web
sémantique depuis sa création, il adopte à son rythme les standards du W3C pour
faciliter la publication de données sur le [Web de données liées
(LOD)](https://www.lod-cloud.net/).

CubicWeb vient de franchir une nouvelle étape avec la version 3.28 sortie le 24
juin 2020, qui met à disposition la négociation de contenu HTML / RDF.

Cette fonctionnalité a fait l'objet d'un [article
scientifique](http://pfia2020.fr/wp-content/uploads/2020/06/actes_IC_CH_PFIA2020.pdf)
et d'une démonstration lors de la conférence d'Ingénierie de Connaissance de la Plateforme Française d'Intelligence Artificielle.

Nous allons maintenant présenter CubicWeb, les principes de la négociation de
contenu en général, les choix faits pour la mettre en oeuvre dans CubicWeb et
comment personnaliser le RDF généré.

# Présentation de CubicWeb

CubicWeb fonctionne par composants, appelés
[cubes](https://www.cubicweb.org/project), qui peuvent être combinés pour créer
une application (qui est elle-même un cube réutilisable).
Un cube est composé:

1. 1- d'un schéma (ou modèle données) exprimé en
   [YAMS](https://cubicweb.readthedocs.io/en/latest/book/devrepo/datamodel/definition/),
   un langage qui permet d'exprimer un modèle entité-association et les
   permissions associées en python ;

2. 2- d'une logique applicative ;

3. 3- de vues (interfaces graphiques ou fonctions d'export de données).

Lorsqu'une application est ""instanciée"", le schéma YAMS est compilé en un schéma
SQL et une base de données Postgresql est initialisée pour stocker le modèle et
les données de l'application.

![Schéma YAMS du cube Blog](https://www.logilab.fr/file/2474706/raw/schema_yams_blog.png)  


La logique de l'application, écrite en Python, interagit
avec la base de données par le biais du schéma YAMS et du langage de requête
[RQL](https://cubicweb.readthedocs.io/en/3.28/book/annexes/rql/language/). Il
n'y a donc pas besoin d'écrire des requêtes SQL et de se préoccuper du schéma
physique de la base relationnelle sous-jacente.


L'introduction d'une séparation nette entre l'obtention des données via une
requête RQL et leur mise en forme par une vue permet d'offrir à l'utilisateur
une grande liberté dans son exploration de la base.

S'il n'y a pas de vue personnalisée prévue pour une entité du modèle YAMS, une
vue est générée automatiquement, ce qui assure que toutes les données sont
visibles et manipulables, ne serait-ce qu'au travers d'une interface minimale
qui permet aux utilisateurs autorisés d'ajouter, éditer et supprimer les entités
de l'application.

Dans cette architecture, offrir une représentation RDF d'une ressource/entité
consiste à définir une vue spécifique, qui traduira dans le vocabulaire RDF
choisi les entités définies par le modèle YAMS.


# Présentation de la négociation de contenu

La négociation de contenu permet d'obtenir plusieurs représentations d'une même ressource à partir d'une même URL[^1].

Une personne visitant la ressource `http://cubicweb.example.com/person/123` avec
son navigateur souhaite généralement obtenir la version HTML pour la lire.
Dans le Web de données, un robot ou un programme sera plus intéressé par la
représentation RDF de cette ressource pour en traiter les données.

![Schéma d'un serveur retournant pour la même URL `http://cubicweb.example.com/person/123` soit la représentation RDF à un robot, soit la représentation HTML à un humain.](https://www.logilab.fr/file/2474735/raw/upload_597d058f2da500daa9780c1617a9a2bc.png)


La même ressource abstraite est donc mise à disposition par le serveur sous deux représentations distinctes : le RDF et le HTML.
Le mécanisme de négociation de contenu permet de servir ces représentations
depuis la même URL, qui pourra ainsi être partagée entre ces deux mondes : humain
et robot.

# Implémentation de la négociation de contenu

La négociation de contenu passe par les différents en-têtes `Accept*` d'une
requête HTTP. Elle peut concerner la langue avec `Accept-Language`, le jeu de
caractères avec `Accept-Charset`, l'encodage avec `Accept-Encoding` ou encore le
format avec `Accept`.

C'est l'en-tête `Accept` qui est utilisée par le client pour spécifier qu'il
souhaite la représentation RDF d'une ressource dans un format donné, en
utilisant l'un des types
[MIME](https://fr.wikipedia.org/wiki/Multipurpose_Internet_Mail_Extensions)
suivants :

- · application/rdf+xml

- · text/turtle

- · text/n3

- · application/n-quads

- · application/n-triples

- · application/trig

- · application/ld+json

Lorsqu'une requête est envoyée au serveur avec l'en-tête `Accept` et un type MIME de la liste ci-dessus, le serveur peut répondre de plusieurs façons.

Il peut indiquer au client, via une redirection intermédiaire (303 See Other), l'URL où se trouve la ressource dans la bonne représentation. C'est le choix fait par [Virtuoso](https://virtuoso.openlinksw.com/).

![Négociation de contenu avec réponse 303 See Other](https://www.logilab.fr/file/2474731/raw/upload_25c53ea2a8f280961bef97a2e7aec75a.png)

Il peut également répondre en envoyant directement la description RDF dans le format correspondant au type MIME de la requête.

![Négociation de contenu directe](https://www.logilab.fr/file/2474720/raw/upload_faee9e7c2218369a1e9912f8e74e680e.png)

C'est le choix que nous avons fait dans CubicWeb, pour éviter une seconde
requête et gagner en efficacité.

# Description RDF des entités CubicWeb

Dans la version 3.28, CubicWeb fournit une représentation en RDF par défaut de
ses entités, qui contient deux «types» de triplets :

- · ceux qui décrivent les relations et attributs du schéma [YAMS](https://cubicweb.readthedocs.io/en/latest/book/devrepo/datamodel/definition/). Ils utilisent le préfixe `http://ns.cubicweb.org/cubicweb/0.0/`, abrégé en `cubicweb`.

- · ceux qui décrivent des relations [Dublin Core](http://dublincore.org).

Par exemple, si vous avez une instance qui héberge des articles de blog
(`CustomBlogEntry`), vous pourrez exécuter :

    curl -iH ""Accept: text/turtle"" http://cubicweb.example.com/customblogentry/2872

qui retournera :


    @prefix cubicweb: <http://ns.cubicweb.org/cubicweb/0.0/> .
    @prefix rdf: <http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#> .
    @prefix xsd: <http://www.w3.org/2001/XMLSchema#> .
    @prefix dc: <http://purl.org/dc/elements/1.1/> .

    # triplets Cubicweb (générés par cw_triples())
    <http://cubicweb.example.com/902> cubicweb:wf_info_for <http://cubicweb.example.com/901> .

    <http://cubicweb.example.com/901> a cubicweb:CustomBlogEntry ;
        cubicweb:content ""Ceci est le contenu de mon billet de blog"" ;
        cubicweb:content_format ""text/plain"" ;
        cubicweb:creation_date ""2020-07-09T07:59:09.339052+00:00""^^xsd:dateTime ;
        cubicweb:entry_of <http://cubicweb.example.com/900> ;
        cubicweb:modification_date ""2020-07-09T07:59:29.300045+00:00""^^xsd:dateTime ;
        cubicweb:title ""Mon billet de blog"" .

    # triplets Dublin Core (généré par dc_triples())
        dc:language ""en"" ;
        dc:title ""Mon billet de blog"" ;
        dc:type ""Blog entry"" .
        


# Personnaliser le RDF généré

Pour personnaliser la représentation RDF d'un type d'entité, il faut créer une
classe héritant de `EntityRDFAdapter`, puis redéfinir sa méthode `triples` qui
doit, comme son nom l'indique, renvoyer un ensemble de triplets. Les triplets
sont formés avec [rdflib](https://github.com/RDFLib/rdflib).

Par défaut, la méthode `triples` appelle les méthodes `cw_triples` et
`dc_triples` de `EntityRDFAdapter` pour récupérer respectivement les triplets
CubicWeb et les triplets Dublin Core. Ces méthodes peuvent être surchargées si
nécessaire.

Le code ci-dessous montre un exemple d'adaptateur RDF pour la classe `BlogEntry`.
La fonction `_use_namespace` permet de relier un préfixe à son *namespace* dans
le graphe RDF généré, en l'ajoutant au dictionnaire `NAMESPACES` du module `cubicweb.rdf`.



    from rdflib import URIRef, Namespace
    from cubicweb.entities.adapters import EntityRDFAdapter
    from cubicweb.rdf import NAMESPACES

    NAMESPACES[""sioct""] = Namespace(""http://rdfs.org/sioc/types#"")

    class BlogEntryRDFAdapter(EntityRDFAdapter):
        __select__ = is_instance(""BlogEntry"")

        def triples(self):
            SIOCT = self._use_namespace(""sioct"")
            RDF = self._use_namespace(""rdf"")
            yield (URIRef(self.uri), RDF.type, SIOCT.BlogPost)
 


## Exemple de triplets personnalisés

Dans la version 1.14.0 du cube _blog_ sortie le 24 juin 2020, l'ontologie [SIOC](http://sioc-project.org/) (Semantically-Interlinked Online Communities) a été utilisée pour décrire les entités relatives aux blogs.

Voici le résultat obtenu pour un billet de blog :


    curl -iH ""Accept: text/turtle"" https://www.logilab.fr/blogentry/2872


qui renverra:


    @prefix dcterms: <http://purl.org/dc/terms/> .
    @prefix rdf: <http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#> .
    @prefix rdfs: <http://www.w3.org/2000/01/rdf-schema#> .
    @prefix sioc: <http://rdfs.org/sioc/ns#> .
    @prefix sioct: <http://rdfs.org/sioc/types#> .
    @prefix xml: <http://www.w3.org/XML/1998/namespace> .
    @prefix xsd: <http://www.w3.org/2001/XMLSchema#> .

    <http://www.logilab.fr/2872> a sioct:BlogPost ;
        dcterms:date ""2019-06-28T15:28:31.852530+00:00""^^xsd:dateTime ;
        dcterms:format ""text/markdown"" ;
        dcterms:modified ""2020-06-19T13:26:20.750747+00:00""^^xsd:dateTime ;
        dcterms:title ""SemWeb.Pro 2019 : envoyez votre proposition avant samedi 31 août !"" ;
        sioc:container <http://beta.logilab.fr1377> ;
        sioc:content """"""La prochaine édition de SemWeb.Pro aura lieu mardi 3 décembre à Paris.\r
    \r
    ![image](<https://www.logilab.fr/file/2873/raw>)\r
    \r
    Nous vous invitons à soumettre vos propositions de présentation en [répondant à l'appel à communication](<http://www.semweb.pro/semwebpro-2019.html>) **avant le 31 août 2019**.\r
    \r
    Pour être tenu informé de l'ouverture de la billetterie, envoyez un courriel à contact at semweb.pro en demandant à être inscrit à la liste d'information."""""" .
    


# Les prochaines étapes pour CubicWeb

Permettre la négociation de contenu est une étape de nos travaux actuels pour faire de CubicWeb une brique à part entière du [LOD](https://fr.wikipedia.org/wiki/Linked_Open_Data).
Nous travaillons déjà à la génération d'archive RDF pour faciliter l'export, mais également à la possibilité d'interroger la base en SPARQL, en plus du [RQL](https://cubicweb.readthedocs.io/en/3.28/book/annexes/rql/language/#rql).

[^1]: https://developer.mozilla.org/en-US/docs/Web/HTTP/Content_negotiation";texte au format Markdown;"[CubicWeb](https://cubicweb.readthedocs.io) est un cadriciel libre de gestion de
données sur le Web développé et maintenu par [Logilab](https://logilab.fr)
depuis 15 ans. Il est utilisé depuis 2010 dans des applications d'envergure
telles que [DataBnF](https://data.bnf.fr) ou
[FranceAr...";1170;2474699;2020/09/30 09:23 UTC;2020/09/30 11:06 UTC;https://www.logilab.fr/2474699


